Une vérité qui brise n’est pas une vérité
Rabbi Nathan l’enseigne clairement : à force de vouloir sensibiliser l’homme à la gravité de la faute, certains ouvrages de Moussar risquent parfois, malgré eux, de le conduire au découragement. Le lecteur peut alors se dire : « J’ai commis cette faute, puis celle-là aussi… Je suis un racha. »
Bien entendu, telle n’est pas l’intention des auteurs de ces livres.
Le Emeth authentique est celui qui pousse l’homme à avancer. Il lui donne de la force, de la joie et de la vitalité. Il l’aide à se rapprocher d’Hachem avec confiance.
Le Emeth ne produit ni angoisse, ni culpabilité paralysante, ni sentiment d’échec permanent.
C’est d’ailleurs pour cette raison que, lorsqu’il vit les Bné Israël ériger le veau d’or, Moché Rabbénou brisa les Tables de la Loi. Il comprit que le peuple, encore profondément marqué par la mentalité de l’esclavage d’Égypte, n’était pas prêt à recevoir une telle révélation.
Car comment transmettre une vérité à quelqu’un qui n’a pas encore les outils émotionnels et spirituels pour l’intégrer ? Une vérité qui ne peut être reçue devient parfois destructrice. La véritable sagesse consiste à révéler à chacun la part de vérité qu’il est capable d’accueillir et qui lui permettra de grandir.