Rester joyeux malgré tout
Il n’y a rien de plus sérieux que d’arrêter de se prendre au sérieux.
Il n’y a rien de plus sérieux que de choisir la joie.
Et peut-être même qu’il n’existe pas de courage plus grand que celui-là : adopter une attitude joyeuse malgré tout.
Malgré la tristesse.
Malgré l’angoisse.
Malgré les échecs.
Malgré la douleur.
Malgré la fatigue.
Car le véritable pouvoir de l’homme ne réside ni dans son intelligence, ni dans sa ruse, ni dans sa force.
Le véritable pouvoir de l’homme réside dans sa capacité à choisir la lumière lorsque tout en lui l’invite à l’obscurité.
Non pas parce que c’est agréable.
Non pas parce que c’est facile.
Mais parce que la joie est parfois un acte de résistance.
Une déclaration silencieuse adressée au mal : « Tu ne décideras pas de qui je suis. »
C’est affirmer que notre lien avec Hachem ne dépend pas des circonstances.
Qu’il ne s’exprime pas seulement lorsque tout va bien, lorsque les portes sont ouvertes et que le cœur est léger.
Au contraire.
C’est lorsque l’orage gronde, lorsque tout semble vaciller, que l’attachement révèle sa véritable nature.
Un attachement pur.
Un attachement désintéressé.
Un attachement qui ne repose sur aucune condition.
L’histoire suivante en est une magnifique illustration.
À l’époque du Hozeh de Lublin, un couple juif d’Ukraine s’était préparé avec un soin immense pour le Séder de Pessa’h. Tout était prêt : la table dressée, les matsot préparées, chaque détail respecté avec amour et précision.
Puis vint le deuxième soir.
Épuisés, ils s’assoupirent.
Lorsqu’ils ouvrirent les yeux, il ne restait plus qu’une heure avant la fin du temps autorisé pour accomplir la mitsva du Séder.
Ils auraient pu céder à la panique.
Ils auraient pu se décourager.
Mais ils choisirent autre chose.
Ils se levèrent immédiatement, s’organisèrent avec calme et détermination, et accomplirent le Séder dans le temps imparti.
Le lendemain, à la synagogue, le Hoze de Lublin accueillit chaleureusement le mari et lui dit :
« Tu as dit OUI lorsque, dans le Ciel, on avait décrété que tu dirais NON. »
Quelle phrase bouleversante.
Car parfois, les épreuves ne viennent pas pour nous faire tomber.
Elles viennent révéler la profondeur de notre fidélité.
Là-haut, on nous met à l’épreuve.
Et notre victoire ne consiste pas toujours à réussir parfaitement.
Parfois, elle consiste simplement à répondre « oui » à Hachem lorsque tout semblait nous pousser à répondre « non ».
C’est cela, la véritable grandeur de l’homme.
Rester fidèle.
Rester debout.
Et choisir la lumière, même au cœur de la nuit.