« C’est pas ça… »

Rabbi Nathan de Breslev étudia auprès des plus grands érudits de sa génération. Pourtant, au plus profond de son cœur, une petite voix ne cessait de lui souffler : « Ce n’est pas ça… »

C’était le cri d’une âme qui cherchait la vérité absolue.

Rabbi Nathan ne voulait pas simplement apprendre. Il voulait rencontrer le emeth. Le vrai. Celui qui apaise enfin le cœur.

Hachem lui fit le plus grand cadeau de sa vie : il rencontra enfin Rabbi Nahman de Breslev.

Mais cette rencontre n’est pas arrivée par hasard.

Avant de trouver la vérité, Rabbi Nathan avait dû découvrir tout ce qui n’était pas la vérité.

Son âme avançait comme un chercheur d’or. À chaque enseignement, à chaque rencontre, elle goûtait intérieurement ce qu’elle recevait. Et lorsqu’elle sentait que « ce n’était pas ça », elle continuait sa route.

Il aurait pu se décourager.

Il aurait pu croire qu’il cherchait pour rien.

Au contraire.

Chaque déception affinait son regard.

Chaque illusion qui tombait le rapprochait un peu plus de la vérité.

N’est-ce pas exactement ce que nous vivons, nous aussi ?

Combien de fois nous sommes-nous dit :

« Cette fois, j’ai trouvé ! »

Puis, quelques semaines ou quelques années plus tard :

« Finalement… ce n’était pas ça. »

« Je pensais que c’était la musique… mais ce n’était pas ça. »

Sur le moment, nous avons l’impression d’avoir perdu notre temps.

Pourtant, ce n’est pas un échec.

C’est un tri.

Chaque « ce n’est pas ça » élimine une fausse direction.

Chaque désillusion purifie notre recherche.

Chaque porte qui se ferme nous rapproche silencieusement de celle qu’Hachem nous destine.

Le Tsadik nous conduit vers lui : non seulement en nous montrant le chemin, mais aussi en nous aidant à reconnaître tout ce qui n’est pas le chemin.

Voilà peut-être pourquoi le Tsadik commence les Sipouré Maassioth par un seul mot :

« Baderekh. »

« En chemin. »

Parce que la vérité ne se révèle pas d’un seul coup.

Elle se dévoile à celui qui accepte de continuer à marcher, même lorsque son cœur lui murmure encore :

« Ce n’est pas ça… »

Jusqu’au jour où, enfin, son âme reconnaît la vérité qu’elle cherchait depuis toujours.