Le manque n’est pas un vide

Ben Hametsarim est une période de deuil. Mais c’est surtout une période où nous sommes invités à prendre conscience de la valeur de ce que nous avons perdu.

Car si nous ne comprenons pas ce que représentait le Beth Hamikdach, si son absence ne nous fait plus souffrir… pourquoi Hachem le reconstruirait-Il pour nous ?

Ces jours nous invitent à lui faire une place dans notre cœur.

Je me souviens qu’après le décès de ma mère, ma sœur m’avait proposé un cadre avec sa photo. Je lui avais répondu :

« Maman vit dans mon cœur. Je n’ai pas besoin d’une photo pour me souvenir d’elle. »

Il en est de même pour le Beth Hamikdach. Avant d’être reconstruit en pierre, il doit être reconstruit dans notre cœur.

Pendant des siècles, Hachem nous a comblés d’innombrables cadeaux, souvent même sans que nous les demandions.

Mais pour le Beth Hamikdach, c’est différent.

Hachem attend que nous le désirions vraiment. Que son absence nous fasse de la peine. Que nous ressentions le besoin profond de son retour.

Comme la princesse disparue dans les contes de Rabbénou, le Beth Hamikdach ne se retrouve qu’en se mettant à sa recherche. Celui qui cesse de le chercher s’en éloigne. Celui qui le désire sincèrement commence déjà à le reconstruire.

Car le manque n’est pas un vide.

Il est le commencement de la rencontre.