La grandeur de Rabbi Nahman

On nous répète sans cesse les règles d’une vie saine :

Manger équilibré.
Consommer des légumes, des fruits, des protéines.
Prendre des vitamines.
Faire du sport.
Dormir suffisamment.

Et c’est vrai. Ce sont d’excellents conseils.

Mais ces recommandations sont destinées à une personne dont le corps fonctionne normalement. Une personne qui peut marcher, courir, mâcher, digérer et récupérer.

Que conseille-t-on à quelqu’un qui est en fauteuil roulant ?
Que dit-on à quelqu’un qui est branché à des machines en réanimation ?
Certainement pas de commencer par courir dix kilomètres ou de soulever des poids.

Plus l’état du patient est fragile, plus le traitement doit être adapté à sa réalité.

Il en va de même pour les âmes.

La Torah est un trésor infini.
Les 613 mitsvot sont la parure du peuple juif.
Mais il faut aussi reconnaître l’état spirituel de notre génération.

Nous vivons dans une époque de distraction permanente, de confusion, d’anxiété, de découragement et de dispersion intérieure. Beaucoup de personnes veulent servir Hachem mais peinent déjà à garder la tête hors de l’eau.

Dans une telle situation, il faut un médecin capable de traiter les cas les plus difficiles. Un médecin qui connaît les blessures de l’âme moderne et qui sait parler à ceux qui se sentent loin, brisés ou épuisés.

C’est précisément la mission que Rabbi Nahman a revendiquée pour lui-même.

Ses enseignements ne viennent pas remplacer la Torah, mais permettre à ceux qui n’ont plus la force de s’y accrocher de retrouver un point d’appui. Là où certains parlent de sommets spirituels, Rabbi Nahman commence par redonner un pouls à l’âme. Là où certains exigent de courir, il apprend d’abord à se relever.

La joie malgré la douleur.
L’espoir malgré les chutes.
La simplicité malgré la confusion.
Le dialogue avec Hachem malgré l’obscurité.

Ce ne sont pas des enseignements pour des anges. Ce sont des enseignements pour des blessés.

Car on ne s’adresse pas à un champion olympique comme on s’adresse à un patient en réanimation.

Et peut-être que la grandeur de Rabbi Nahman est justement là : avoir compris que la génération la plus malade avait besoin du médecin le plus spécialisé.