"Se laisser conduire par Rabbi Nahman"

Maître du monde, Tu sais comme notre souffrance est grande, celle de réaliser que non seulement nous ne te servons pas convenablement selon la grandeur de ta souveraineté mais encore nous avons l’audace de fauter chaque jour, avec notre pensée, notre parole et nos actions. Combien grandes et nombreuses sont nos fautes. Comment des êtres de chair et de sang peuvent oser aller contre les préceptes que tu nous as dictés, que l’on soit juif ou pas, car aujourd’hui, toute l’humanité est concernée. Nos comportements au fil du temps t’ont déçu, Tu as cru bien faire en créant l’être humain qui, en fait est une créature extraordinaire , et Tu attendais qu’il te reconnaisse Maître du monde, comme il va de soi, mais non, au contraire, il utilisa l’intelligence que Tu lui confias pour son plaisir personnel et multiplia le culte du moi et de la débauche dans tous les domaines. Une première fois, ton courroux s’était éveillé contre le fils de l’homme et Tu as envoyé le déluge pour effacer tout vivant, mais Tu as eu pitié de Noah et sa famille car son comportement le méritait et tu as sauvé avec lui les meilleurs animaux du monde. Tu nous as donné la chance de recommencer un nouveau monde, mais le mauvais penchant cette fois aussi nous emportait dans un tourbillon de tentations. Tu as eu bien plus de patience cette fois car la Thora est descendue dans ce monde et combien de Mitsvot ont été accomplies depuis sa promulgation, des milliers de Tsadikim ont protégé l’humanité grâce à leur mérite ainsi que la pureté des enfants qui l’étudient. Malgré tout, chaque génération a vu son lot de malheurs, la destruction des deux temples et les persécutions, les exils, les massacres, les humiliations, l’inquisition, les pogroms, la Shoah… A chaque fois, nous avons cru avoir payé pour nos fautes, mais non. Devrons-nous être débitaire à jamais ? N’as-Tu pas de plaisir de nos Mitsvot, de nos prières, de notre Techouva ? Devrons-nous être parfaits pour être aimés et récompensés ? Je préfère te dire que nous ne le serons jamais car il est écrit : Ein rega bli péga, il n’existe pas un instant sans faux pas. Nous ne savons pas comment nous y prendre, avec toute notre bonne volonté, nous essayons mais nous n’arrivons pas, nous sommes très loin de la perfection. Il y a soixante-quinze ans, nous avons pensé subir la plus grande épreuve de notre peuple, celle qu’avait vu prophétiquement Yaacov Avinou lorsque qu’il trembla terriblement de peur. Mais non, c’était pas la dernière puisque depuis que le pays d’Israël a été reconnu par les nations de la terre comme pays juif, nous avons vécu sans cesse des attentats qui nous ont cassé le moral. Et maintenant, plus que jamais, se profile un futur sombre, résultat de dizaines ou de centaines d’années de recherche de forces obscures concrétisées par des monstres à apparence humaine pour détruire l’humanité.
Il est écrit que tout vit par ton Souffle et que personne ne bouge le petit doigt si Tu ne lui en donnes pas l’ordre, alors comment peux-tu donner un quelconque pouvoir à des horribles créatures comme celles-ci qui n’ont aucune crainte de toi?
Nous, il est vrai que nos Mitsvot ne sont pas parfaites, mais nous en souffrons, nous désirons tellement être mieux, nous désirons te servir comme il se doit, malgré notre fatigue d’avoir été réincarné des dizaines de fois, malgré les tentations sans fin de ce monde, malgré les moyens de communication où se dessine la tête du serpent et qui font tomber jeunes et moins jeunes, jamais le monde n’a vu pareille chose ! Le fardeau est trop lourd Maître du monde, nous ne pouvons plus! Aide-nous s’il te plaît. N’est-il pas écrit Azov taazov imo, aide l’âne de ton prochain s’il croule sous le fardeau , à plus forte raison si l’âne est un être humain ! Et à plus forte raison si nous sommes tes enfants ! Pitié pour ton peuple et mets fin à nos souffrances. Nous sommes à bout de forces, nous avons fait notre maximum même si c’est peu. Comme après la faute du veau d’Or, pardonne nos manquements, par le mérite des Tsadikim, efface nos péchés et fais-nous cadeau la Gueoula, fais-nous un signe pour le bien que nous reprenions espoir et joie de vivre, ouvre grand les portes de la délivrance que nous puissions voir briller la face de notre Macchiah tsidkenou!

Inspirée du cours du rav Avraham Ifrah: « Se laisser conduire par Rabbi Nahman » https://youtu.be/7DfeLCL4TeM

Rabbanite Esther Ifrah