Pessah Breslev

Maître du monde, Tu connais l’importance de la nourriture sainte, celle qui est préparée dans les règles de l’art de la Kachrout, Tu connais l’impact que cette nourriture a sur notre corps et notre âme et combien elle influence nos comportements, notre volonté et notre imagination. Tu nous as dévoilé grâce à l’intelligence des vrais Sages, qu’une nourriture saine qui est consommée dans la tristesse pert son pouvoir énergétique et bouche les canaux de vitalité de la personne au point où, si cette
dernière consomme ces mets sans joie, elle peut en arriver à détériorer sa santé, à D.ieu ne plaise. Elle aurait beau s’atteler à choisir les meilleurs aliments naturels, que si elle n’y introduirait l’ingrédient de la Simha, elle alourdirait tout son système digestif d’un apport inutile qui provoquerait des maux complexes. La recherche de la qualité de la nourriture n’est pas l’essentiel pour la santé, mais l’état d’esprit dans lequel cette nourriture est consommée; c’est la bonne humeur qui déterminera la fluidité de la vitalité qui irriguera toutes les parties de notre corps et notre âme.
La nourriture est un domaine très complexe et merveilleux qui investit des dizaines, voire des centaines ou des milliers d’équations qui vont faire fonctionner à la perfection la machine extraordinaire qu’est le corps humain. Par exemple, pour la confection du pain, nous avons besoin de dix travaux depuis le labour, la semence, la récolte du blé, etc, jusqu’à ce que le pain sorte du four pour être consommé, celui-ci contient dix bénédictions, nous le bénissons avec nos dix doigts qui correspondent aux dix mélodies qui agissent sur les dix sortes de pouls qui sont en liaison avec les dix Sefirot. Ceci pour dire que la nourriture d’un juif est quelque chose de très élevé et que l’élément primordial qui va permettre de mettre en oeuvre toute cette synergie, c’est la joie sur laquelle Rabbi Nahman a tant insisté. Combien nous a-t-il sermonné de fuir la tristesse qui court-circuite l’énergie du corps.
Pour cela notre Père miséricordieux, aies pitié de nous et donne-nous le mérite de consommer notre nourriture dans la joie, que nous puissions nous éduquer à danser et chanter avant de nous asseoir à table pour conditionner notre état d’esprit dans la gaieté afin que nos 248 membres et nos 365 vaisseaux sanguins puissent recevoir la vitalité nécessaire à leur fonctionnement optimal pour que nous puissions te servir de toute notre force. Que nous puissions éloigner de nous toute sorte de tristesse, par exemple, celle qui est engendrée par les informations journalières qui ne font que déprimer ceux qui les écoutent, car l’intention de ceux qui les diffusent est de rendre l’individu pessimiste pour le rentrer dans la peur du lendemain afin de le faire tomber dans la tristesse et le désespoir qui sont la source de toutes les déviations, et en particulier dans celle de l’Alliance sacrée qui est une énergie non canalisée qui part en vain. La tristesse représente la dévitalisation et même l’euthanasie lente. Que nous puissions la fuir absolument, elle et son générateur qui s’appelle Amalek, qui ne désire que faire tomber les déprimés dans ses filets, afin de les pousser à la consommation . Hors la consommation à outrance éloigne de la Kedoucha même s’il est écrit dans Kohelet que la consommation emmène à la satisfaction , c’est bien à la condition qu’elle soit consommée avec parcimonie et dans un état d’esprit joyeux. Le débordement de nourriture conduit à l’obésité, puis à la lourdeur et au découragement, le découragement conduit à la consommation à outrance et l’on rentre dans un cercle vicieux.
Que nous puissions comprendre que la vraie joie n’est pas celle de combler des manques, mais celle de laisser entrer la Présence divine dans notre cœur. Le souci du gagne-pain, la recherche de la perfection et le sentiment de frustration sont de fausses valeurs, mais la réussite, le bonheur et la prophétie dépendent de la joie qui nous libère de toutes sortes de servitude et d’addiction.
Donne-nous l’intelligence de manger selon notre besoin réel dans la joie afin de pouvoir nous délier de toutes les chaînes des mauvaises passions et que l’énergie positive puisse circuler librement dans notre corps afin de renouveler en lui une vitalité authentique qui nous permettra d’élever notre voix aussi vigoureusement que le tonnerre dans notre étude et notre prière grâce à l’intégrité de notre cœur.

 

Inspirée du cours du rav Avraham Ifrah: « Pessah Breslev  » https://youtu.be/5D8awJY72Mc

Rabbanite Esther Ifrah