le désespoir n’existe pas!

« Ein Yiouch baolam klal, le désespoir n’existe pas! »

Ce cri du cœur qui vient de Rabbi Nahman de Breslev retentit comme le son du Choffar dans le fond d’une vallée sombre, la vallée de l’exil.

« Ve’hochekh al pené tehom, et l’obscurité recouvrira l’abime »

Maitre du monde, jusqu’à quand devrons-nous séjourner dans la vallée de l’incompréhension.

Jusqu’à quand devrons-nous supporter les souffrances de nos contradictions.

Un jour Tsadik, un jour Racha, un jour Kacher, un jour Taref, un jour Tahor, un jour impur.

Jusqu’à quand devrons-nous faire un constat négatif de ce que nous ne sommes pas chaque jour.

Jusqu’à quand les représentants de Ta volonté devront-ils subir des affronts, des insultes, des tortures et des tueries.

Jusqu’à quand allons-nous errer dans ce monde de contradictions et de forces négatives qui semblent tisser leur toile comme une araignée autour de ceux qui proclament Chema Israël chaque jour.

Quand auras-tu pitié et pardonneras-tu nos fautes comme Tu l’as dit : « Je pardonnerai vos fautes et elles seront blanches comme la neige »

Notre Roi miséricordieux, nous n’avons pas de quoi payer nos fautes, et si Tu désires nous purifier comme l’orfèvre purifie l’argent par le feu, il ne restera rien de nous. Alors fais-nous ce cadeau, un don gratuit, parce que nous sommes tes enfants préférés, du moment où nous avons accepté Ta sainte Thora, alors que tous les autres peuples l’avaient refusée.

Nous avons fait de notre mieux pour l’accomplir, mais Tu sais comme le mauvais penchant est grand. A chaque fois Tu nous as remis à l’ordre et nous as envoyé des ennemis comme Paro, Amalek, Billam, Aman, Nebuhanetsar, César, Hitler, Mussolini, Lénine, Staline et bien d’autres pour nous réveiller à la Techouva.

Parfois, le résultat fut positif et parfois, moins, et malheureusement combien de millions de juifs ont été sacrifiés sur l’autel de l’expiation au lieu des Korbanot du Temple.

Aujourd’hui, nous couvrons notre visage de honte à cause de nos fautes si nombreuses, du Lachon Ara, des aliments interdits, des transgressions chabbatiques, des relations interdites, de l’argent interdit.

Que dire pour nous justifier ? Comment pouvons-nous oser aller contre la volonté du Roi des Rois des Rois !

Nous sommes conscients de nos fautes et nous ne les voulons pas, car au plus profond de nous, nous voulons Te servir.

Certainement, nous sommes revenus maintes fois en réincarnation pour expier nos fautes et accomplir enfin la tâche que Tu nous as assignée, mais maintenant, dans cette génération actuelle particulièrement, nous n’avons plus de force. Nous ployons sous le poids des responsabilités, nous sommes épuisés d’avoir tant de fois visité ce monde. Et si maintenant est arrivé le temps de notre libération, nous savons que beaucoup de Tsadikim ont refusé de vivre ce moment.

Et nous, nous sommes là, inquiets du futur, inquiets du présent et nous nous sentons incapables d’assumer la guerre sur tous les fronts à la fois.

Je t’en prie Hachem, ne nous abandonne pas à notre sort, aie pitié de nous et ne laisse pas les forces du mal avoir le dessus.

Ne nous laisse pas tomber dans le découragement, montre-nous qu’il n’existe pas !

Qui comme Rabbi Akiva qui était arrivé au summum de la réussite après des années de labeur et qui a tout perdu en quelques semaines, 24000 Talmidim, ses élèves, ses amis, son enseignement, des dizaines et centaines de milliers de veuves et d’orphelins…

Une vraie catastrophe qui aurait pu le faire tomber dans le plus grand Yihouch, quelle preuve plus grande que Tu n’acceptais pas son service ?

Il aurait pu mettre fin à ses jours, ne plus jamais étudier, devenir fou, mais non, il refusa le découragement et récolta quelques élèves par ci par là, cinq élèves en tout.

Et de là, vint le salut d’Israël, Rabbi Chimon bar Yohai, un de ces cinq élèves, lui qui s’est porté garant que la Thora ne s’oublierait pas pour toutes les générations à venir.

Voici la grandeur de Rabbi Akiva ; de qui Moché Rabénou a dit à l’Eternel : « Tu as un homme comme ça dans tes trésors et Tu donnes la Thora par moi ? »

C’est à croire la grandeur de la valeur du renforcement pour ne pas tomber dans le Yiouch. Son renforcement a permis au monde de continuer à exister et à ne pas retourner au chaos !

Par son mérite, celui de Rabbi Chimon, celui de Rabbi Nahman et de tous les Tsadikim qui prient pour nous, Maitre du monde, aies pitié de nous tous qui essayons de nous renforcer et de ne pas nous décourager.

Montre-nous que Ta miséricorde l’emporte et que les quelques efforts que nous faisons pour nous renforcer dans la Emouna sont telles des armes solides qui vaincrons nos ennemis matériels et spirituels, et seront le tapis qui se déroulera à Tes pieds pour Te faire monter sur le Trône de ta Royauté !

Rabbanite Esther Ifrah