Rabbi Shimon Bar Yohai (12-05-020)

Description du cours:

Rabbi Abba était l’un des plus éminents élèves de Rabbi Shimon Bar Yo’hay. Un jour qu’il était en déplacement dans la région du Galil, ce dernier fut hébergé par une généreuse famille. Le souper terminé, Rabbi Aba demanda à ses hôtes s’ils possédaient un coq afin de pouvoir se réveiller lorsqu’il coqueline à ‘Hatsot. Les hôtes répondirent qu’ils n’en possédaient pas, mais que leur grand-père avait conçu un réveil-matin assez original : un système de goutte à goutte remplissait un récipient, lequel mettait exactement 6 heures à être plein. Une fois rempli, celui-ci basculait et provoquait la chute d’autres récipients, lesquels causaient un bruit spectaculaire. C’est ainsi que les membres du foyer se réveillaient afin de lire le Tikoun ‘Hatsot et d’étudier.
Rabbi Aba alla se coucher et, à l’entente du vacarme causé par la chute des ustensiles, comprit que l’heure de ‘Hatsot avait sonné. En sortant de sa chambre, ce dernier constata que les autres membres de la famille s’étaient tous réunis afin de s’adonner à l’étude avec une assiduité impressionnante. Au matin, alors qu’il se préparait à partir, ses hôtes lui proposèrent de rester encore deux jours supplémentaires afin d’assister à la Brit Mila de leur petit bébé. Devant l’érudition de ceux-ci, Rabbi Aba accepta avec plaisir leur invitation à rester. La veille de la Brit Mila, les habitants du village se réunirent dans le foyer afin de lire des passages du Zohar (ce Minhag existe encore, il s’agit de la Brit Its’hak). Là encore, des secrets de la Torah furent dévoilés par chacun d’entre eux, ce qui suscita l’admiration de Rabbi Aba. Et quelle ne fut pas sa surprise de constater que le jour de la Brit Mila, un feu entoura la maison dans lequel se trouvait le bébé…
Rabbi Abba revint à la Yechiva de son maître Rabbi Shimon Bar Yo’hay et, quelques jours plus tard, lui raconta le récit de cette merveilleuse famille qui s’appliquait à se lever à ‘Hatsot, quitte à devoir inventer des systèmes de réveil assez originaux, qui oeuvrait avec hospitalité et dont le mérite semblait être particulièrement grand au vu du déploiement de flammes qui entouraient le foyer…
À ces mots, Rabbi Shimon Bar Yo’hay fut étonné et s’adressa à son élève en ces termes : “Pour quelle raison as-tu attendu tant de temps avant de nous conter ce récit qui renforce la foi dans nos cœurs ? Ne sais-tu pas que ces récits sont importants afin de cultiver notre foi ? Pour nous avoir privé de cette joie, tu oublieras toute l’étude que tu entreprendras et ce, durant un mois. Ainsi, lorsque tu entendras ou vivras des miracles, tu veilleras à les partager avec tes semblables. ”

Par ces termes, Rabbi Shimon Bar Yo’hay veut nous enseigner une leçon capitale : la Torah est une Torah de vie. De ce fait, elle ne demeure pas théorique mais pose son empreinte dans le vécu. Par conséquent, elle n’est ni l’apanage ni le privilège de certains, mais se partage afin de raviver les cœurs de chacun…