La prise de conscience du manque nous fait voire la chose (14/07/19)

Description du cours:

Les élèves du Baal Chem Tov avaient remarqué une habitude étonnante propre à leur maître : celle de fermer la porte de sa chambre et de se mettre à parler, alors que personne ne s’y trouvait.
Un jour, l’un des étudiants interrogea le Tsadik quant à cette étonnante pratique. Celui-ci lui répondit : “Je ne parle pas seul, je dialogue avec Eliyahou Hanavi”.
Les élèves étaient stupéfaits. Le Rav parvenait donc à parler à cette immensité qu’est le prophète Eliyahou !!
Et quelle ne fut pas leur surprise lorsque le Baal Chem Tov ajouta : “Vous aussi, parlez à Eliyahou Hanavi, et ce, tous les jours, sans le savoir”…

Quelques jours plus tard, les étudiants vinrent voir leur maître pour soumettre la requête suivante : ” Nous voudrions que notre maître nous montre le prophète lorsque celui-ci s’adresse à nous ”.

C’est ainsi que quelques jours plus tard, le vendredi, le Baal Chem Tov partit dans les champs, accompagné de ses disciples, afin de réciter Min’ha Guedola. Le Tsadik avait l’habitude de se rendre dans les champs pour prier Min’ha Guedola, pour ensuite accueillir Chabat dans les chants…et dans les champs.

Alors qu’ils se trouvaient dans les champs, le Tsadik demanda à ses élèves s’ils avaient une pipe, afin de fumer. Comme ceux-ci n’en avaient pas, ils partirent alentours afin de demander à des passants. Leur chemin croisa celui d’un cavalier polonais qui se trouvait là, à fumer de la pipe. Ce dernier accepta de laisser fumer le Tsadik et lui offrit même sa pipe.

C’est ainsi que la discussion s’engagea entre ce polonais et le Baal Chem Tov. Ceux-ci discutèrent finances et autres. Les élèves s’éloignèrent. Puis, l’heure du Chabat arriva et le Tsadik et le cavalier se séparèrent. La prière d’Arvit fut chantée et, une fois achevée, les disciples du Baal Chem Tov rentrèrent, en sa compagnie.

Sur le chemin, l’un d’eux s’écria : “Rav, quant est-il de votre promesse de nous montrer Eliyahou Hanavi ?”.

Leur maître leur répondit : “Eliyahou Hanavi ? Vous venez de le voir et même de lui parler ! Il s’agissait du cavalier avec la pipe !”.
À ces mots, les disciples restèrent pantois.

Le Baal Chem Tov leur expliqua : ” La vision d’Eliyahou Hanavi est une vision du cœur, pas de l’intellect. Dès que l’intellect cherche à voir Eliyahou Hanavi, nous ne sommes plus à même de le voir…”

De nos jours, nous avons également besoin de cette vision du cœur dans notre Avodat Hachem. À nous de ne pas intellectualiser la Torah et les Mitsvot et de servir Hachem avec notre cœur.

À défaut, au lieu d’appliquer les commandements que Moché Rabenou nous a transmis, nous nous cantonnons à une approche virtuelle. La Torah devient une philosophie et non une Torah de vie.
Au lieu des 10 commandements de Moché, ce sont les 10 commandements de Charlton Heston !

Nous nous apprêtons à entrer dans cette période des trois semaines. Tomber dans l’écueil du virtuel, de l’intellectualisation, c’est faire du deuil du Temple une simple commémoration. À nous de prendre conscience du manque et de l’insérer dans notre cœur. C’est en ce sens qu’il est dit :”celui qui pleure le Temple mérite de le voir reconstruit”.

Tout est là, à nous d’ouvrir les yeux et le cœur.

Sinon, à défaut de voir Eliyahou, nous restons sur Charlton Heston…