A Pessah on reçoit une grande lumière gratuite qu’on doit intégrer pendant 50 jours (Omer) jusqu’à pouvoir en bénéficier à Chavouot. Dans les jours du compte du Omer on tire vers nous l’esprit de Pessa’h.

Rabbi Nathan écrit dans une correspondance à son fils Its’hak : «Bien que nous devons le cœur brisé supplier Hachem en versant d’abondantes larmes afin de pouvoir faire parti des Juifs intègres et cashers, sache que le principal outil pour recevoir la Thora à Chavouat est la joie ».

La danse amène à la joie. A Ouman on avait la coutume de danser la nuit de Chavouot comme nous le témoigne le Rav Shmuel Horowitz : « A ouman je me souviens que la nuit de Chavouot, les danses ne s’arrêtaient pas, même un court instant. Certains disaient le Tikoun et les autres dansaient et puis on invertissait les rôles mais le principal était de ne pas dormir ».

Depuis le jour où Rabénou habita à Breslev, les trois dates où les élèves de Rabbi Na’hman ne manquaient pas à l’appel afin de se rassembler et de venir entendre les paroles du Rebbe étaient Rosh Hachana, Shabbat ‘Hanouka et Chavouot. A Rosh Hachana le Rebbé disait une Thora à la fin du premier jour de Rosh Hachana. Il commençait à la tombée de la nuit et finissait plusieurs heures après dans la nuit. A Shabbat Hanouka, il disait une Thora à seouda chlichit et à Chavouot à la tombée de la nuit du premier jour de Chavouot comme à Rosh Hashana (Hayé Moharan).

Un jour à Chavouot Rabbi Na’hman demanda à un de ses élèves de l’accompagner au mikvé. Lorsqu’ ils marchèrent en direction du mikvé Rabbi Na’hman demanda à l’élève : « Entends-tu les voix ? L’élève répondit qu’il n’entendait rien. Et Rabénou était très étonné qu’il n’entendait pas ». Peu de temps après l’élève en question confia à Rabbi Nathan avoir compris qu’il s’agissait des voix et des éclaires du don de la Torah (Hayé Moharan).

Rabbi Nathan écrit dans le Likouthey Hala’hot : « Il est impossible de recevoir la Thora sans s’être préalablement immergé dans le mikvé de Chavouot d’où provient une pureté d’un endroit très élevé qui correspond à la 50 ème porte de la sainteté. Par cette immersion l’homme reçoit dans une grande bonté d’Hachem une lumière et une sainteté provenant du souffle du Machia’h ».

Le principal point de sainteté de Chavouot, jour de la réception de la Thora qui se renouvelle chaque année, se fait par l’intermédiaire du principe de la Royauté de David et de sa descendance (Rabbi Na’hman et le Machia’h). Rabbi Nathan nous rapporte que tous les conseils qui amèneront la délivrance et l’avènement du Mach’iah sont inclus dans le Sefer Tehilim (livre des Psaumes), qui consiste à crier en permanence vers Hachem. Nous sommes désormais dans la cinquantième porte de l’impureté dans laquelle il n’est possible d’en sortir que par l’intermédiaire de la miséricorde d’Hachem. Cette miséricorde d’Hachem s’est concrétisée de manière totale par la venue dans le monde du Tsadik Rabbi Na’hman. Sa Thora et ses conseils donne l’envie et la force de revenir vers Hachem. Ses conseils principaux (‘Hatsot, Hitbodedout, lecture des Psaumes) proviennent du Roi David. En effet, ce dernier ne ratait jamais un ‘Hatsot dont il connaissait précisément le point de départ (6 heures après la tombée des étoiles) grâce au vent du nord qui soufflait dans sa harpe à ce moment précis. Les nombreuses heures qu’il passa à s’isoler pour parler à D.ieu (Hitdbodedout) donnèrent naissance aux Psaumes qui contiennent les cinquante portes de sainteté. De plus, le Tikoun Haklali, secret révélé au monde par Rabi N’ahman pour la réparation de l’alliance se compose de dix psaumes du Roi David.

Le jour de Chavouot, on lit la Meguilat Ruth car d’elle est sorti un arrière petit-fils du nom de David qui vint dans ce monde et le quitta le jour de Chavouot. David composa les Psaumes qui ont la faculté de pouvoir nous sortir des 50 portes d’impureté.

Le secret de l’histoire de Ruth Amoavite a le même fondement que le secret de Rabbi Nathan, élève hors du commun qui jeta toute sa grandeur, toute sa sagesse, toutes ses compréhensions de la Thora et abandonna tous ses acquis pour aller s’attacher d’une manière éternelle à Rabbi Na’hman. Tout comme Ruth avec Naomi, son attachement fut sans intérêt, sans aucun but personnel, et avec un dévouement personnel sans bornes. Il voua sa vie entière, avec une abnégation totale, à servir son Maître Rabbi Na’hman et ainsi propager sa Thora et sa lumière dans le monde.

En effet, comme le dit Rabbi Nathan le principe de Chavouot qui constitue la réception de la Thora provient du Tsadik de la génération dont le rôle permet de réaliser la Thora reçue chaque Chavouot. Rabbi Na’hman récolte chaque effort, chaque point positif de chacun et en construit un Mishkan. Et même lorsqu’un homme descend où il descend, le fait qu’il ait voulu se rapprocher d’Hachem un seul instant, ne se perdra jamais. Le Rebbé récolte à chaque instant toute bonne pensée, toute bonne action et bonne parole et l’intègre immédiatement dans son Mishkan jusqu’à récolter tous les points positifs de chacun. Ainsi chacun dispose d’une part dans la construction de cet édifice de sainteté. Et c’est pourquoi Rabénou a appelé ses livres avec la mention «ליקוטי » qui signifie récolter. Chacun pourra donc se retrouver dans la Thora du Tsadik, car il verra en elle miroiter ses propres points positifs.

Revenons à Ruth qui représente comme nous le dit Rav Avraham Ifrah : ‘’le chemin du retour’’ (cours du 25 mai 2018, « Ruth et le chemin du retour »). Naomi après voir perdu son mari Elimele’h et ses deux fils Ma’hlon et Kilyon rejeta ses deux belles-filles Ruth et Orpa. Elle n’avait plus rien pour elles. Naomi leur demanda donc de partir et les embrassa. Pour Orpa ce fut un baiser d’adieux, mais Ruth s’attacha par cette accolade au souffle de Naomi. Elle ne la quitta plus et devint un habit spirituel (levouch) de Naomi. Ruth représente le converti et le Baal Techouva. Comme l’explique Rav Avraham Ifrah : « Ces derniers n’ont rien, ils sont sans patrimoine spirituel et quant ils s’engagent, ils sont donc prêts à tout. Du fait qu’ils n’ont pas de passé de Thora, ils sont souvent intègres et peuvent recevoir un très grand levouch (habit spirituel) du Tsadik. Le religieux va, quant à lui, souvent prendre un levouch du Tsadik comme un manteau ou une chemise. Cependant le converti ou le Baal Techouva prend tout, manteau, chaussettes, juste corps, chemise etc... ».

Le Alsheikh (un élève du Ari zal) a écrit dans son commentaire que Ruth se dirigeait vers Naomi seule « בלי חברת הנשים» quant bien même elle était une princesse de Moave et avait beaucoup à perdre au niveau social.

Ruth avait une grande force dans son cœur et était déterminée. Naomi reconnut ainsi que c’était Hachem qu’il l’avait amenée à elle et consentit dès-lors de garder Ruth auprès d’elle.

Rabbi Na’hman définit un élève qui n’est pas «agoun» comme un élève qui n’a pas d’éveil d’en bas. C’est toujours au Maître de le tirer. L’engagement de Ruth était intime et solitaire, il n’avait pas d’aspect sociale, c’était donc la preuve de sa sincérité. Ruth dit à Naomi que rien n’allait les séparer et elle s’inclut totalement en Naomi puis par la suite en Boaz (le Tsadik). Le Rav Avraham Ifrah poursuit : « Un homme peut devenir un habit du Tsadik, mais pour cela il ne doit pas venir à Ouman pour recevoir une bénédiction ou pour des ‘Hidouchim de Torah. On vient à Ouman pour devenir un Levouch du Tsadik. On lui donne tout, on se soumet à lui complètement. Plus le bitoul (soumission) est grand plus le souffle du Tsadik passe « עבד אברהם אנכי » (je suis le serviteur d’Avraham) dit Eliezer, et il passa du stade de maudit à bénit ».

Rabbi Nathan est devenu un levouch de Rabénou, à tel point que le Rebbé déclara au sujet des écrits de Thora de Rabbi Nathan : «C’est sa main mais c’est mon cerveau ». Si nous voulons recevoir la Thora, nous devons devenir un Levouch du Tsadik sinon il n’y a pas d’accès véritable à la Thora. «Une Thorah vivante connectée avec du Roua’h hakodesh passe nécessairement par la soumission au Tsadik. « משה אמת ותורתו אמת » (Moshe est vrai et sa Thora est vraie). Plus la personne est proche du Tsadik plus il pourra recevoir un grand Levouch. C’est cela qui s’appelle une ‘’conversion véritable” qui fait allusion à Ruth et qui fera naître le Machia’h ben David». A Chavouot nous étions tous considérés comme des convertis, puisque ce fut le début de notre rapprochement vers Hachem. C’est pourquoi nous lisons à Chavouot la Meguilat Ruth.

Ce chemin de rapprochement au Tsadik est un chemin intime qui s’aborde seul. Et chacun suivant son degré de soumission au Tsadik de la génération pourra grâce à ses conseils faire Techouva en récitant comme il nous le suggère les Psaumes du Roi David. En effet Rabbi Na’hman dans la Thora 73 de la deuxième partie du Likoutey Moharan nous révèle: « Celui qui veut faire Techouva doit prendre l’habitude de réciter des Tehilim (Psaumes)». Il explique qu’il y a 50 portes de la Techouva et que souvent la personne ne connait pas la porte par laquelle il doit rentrer. De plus, lorsqu’il la connait, celle-ci se retrouve souvent fermée. Grâce à la récitation des Tehilim, nous deviendrons aptes à retrouver la porte par laquelle nous pouvons faire Techouva et également à l’ouvrir. Ce secret que nous révèle Rabbi Na’hman permettra à celui qui aura la Emouna au Tsadik de recevoir à Chavouot les cinq livres de la Thora qui correspondent au cinq livres des Psaumes.

 

Et que chacun puisse, comme Ruth, glaner dans les champs du Tsadik afin de s’y attacher de manière inconditionnelle et ainsi participer à l’avènement de la véritable Royauté.

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