A l'époque où Rabénou était de passage à Térovitsa, à l'occasion du mariage d'un de ses disciples, une femme éhontée s'approcha de lui en demandant : 'Rabbi, donnez-moi de l'argent pour les danseurs'. Sa requête trahissait son effronterie. Des proches du Tsadik l'entendirent s'exprimer au sujet de cette femme : 'c'est une courtisane'. Elle était alors enceinte et elle donna naissance à un enfant qui devint plus tard un pécheur notoire, à tel point que les membres de la communauté de Térovitsa le surnommèrent 'Pinhasel Cheigets'-
« Pinhas le dépravé ».
Les hassidé breslev savaient d'après leur maître, qu'il avait été conçu dans la faute. Ce Pinhasel faisait beaucoup souffrir Rabbi Itshak, le gendre du Maguid de Térovitsa. Une fois, il fit courir le bruit qu'il avait commis une grave faute, mais quand il tenta de convaincre les gens de la ville du bien fondé de ses paroles, ils lui lancèrent :
'espèce de sot, qui peut croire une chose pareille '' Il leur rétorqua :
'mille personnes peuvent ne pas me croire, mais il en suffit d'une seule. En ce qui me concerne, je suis sûr de ce que j'avance'. Plus tard, il envoya un émissaire à Rabbi Itshak, car il voulait se réconcilier avec lui, mais celui-ci lui fit parvenir le message suivant :
'il n'y aura d'entente entre nous, qu'à la seule condition d'être éloignés l'un de l'autre'.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-144
Rabbi Dov de Ladizin, qu'on appelait communément Rabbi Dov Haïless,
occupait la fonction de juge rabbinique dans la ville. Quand il apprit que Rabbi Nahman avait déménagé pour Breslev, il décida de le suivre, et dut abandonner son poste. Attaché fortement à Rabénou, il lui rendait visite chaque jour et lui révélait des explications originales sur la Torah, tirées de livres rares, car Rabbi Dov comptait parmi les grands érudits.
A chaque fois qu'il rapportait des enseignements inédits d'un auteur inspiré, Rabbi Nahman s'exclamait : « un tel a écrit cela sous l'inspiration divine ». Rabbi Dov déclara à Rabénou qu'il avait lu dans un certain livre une explication midrashique basée sur le verset :
« allons et tuons le' et nous verrons ce qu'il adviendra de ses rêves.
Reouven entendit et voulut le sauver de leurs mains ». Le Midrash commente : « si Reouven avait su qu'il serait un jour écrit dans la Torah
« Reouven entendit et voulu le sauver de leurs mains », il aurait pris Yossef sur ses épaules et l'aurait ramené à Yaakov son père ». Rabbi Dov avait lu que Reouven était le seul à avoir entendu la voix céleste qui disait : « et nous verrons ce qu'il adviendra de ses rêves ».
(car ces mots ont été prononcés de façon surnaturelle, comme le note le Midrash). C'est d'ailleurs pour cette raison que les deux phrases se juxtaposent dans le récit biblique : « nous verrons ce qu'il adviendra de lui. Reouven entendit et voulut le sauver de leurs mains ». Reouven a pensé que ses frères avaient eux aussi entendu la voix divine, mais quand il s'est rendu compte qu'ils n'en faisaient pas cas, il s'est résigné en abandonnant Yossef entre leurs mains. S'il avait donc su qu'il était le seul à avoir perçu la Voix, il aurait pris Yossef sur ses épaules, comme dit précédemment. Dans la Guemara (Taanit 21,a) est rapportée une histoire dans laquelle interviennent deux maîtres, Ilfa et Rabbi Yohanan.
De façon similaire, ce dernier a pensé que son compagnon avait aussi entendu l'appel céleste. Rabénou déclara en fin de compte que cette explication avait été dévoilée par un individu animé de l'inspiration divine.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-534
On demanda une fois à Rabbi Nathan s'il appellerait son fils Nahman, en l'honneur de son maître, ou bien recevrait-il un autre nom, Aïzik, comme l'un des membres de sa famille ' Il répondit qu'il pouvait tout à fait prénommer son fils Aïzik, car Rabénou avait choisi de s'appeler de cette façon,
quand il était parti en Terre sainte, ainsi que le rapporte le livre Shivhé haRan.
Rabénou s'en était lui-même étonné :
'pourquoi me suis-je fait appeler Aïzik ... '' Il ne fournit pas de réponse.