Le beau-père de Rabbi Nathan, Rabbi David Tsvi, était un très grand Tsadik, à tel point que le saint Rabbi Baroukh de Medziboz le louait beaucoup.
L'auteur de l'ouvrage 'Deguel Mahané Efraïm' occupa la fonction de rabbin de Medziboz durant les douze dernières années de sa vie. Rabbi Baroukh son frère lui succéda et y resta douze années. Le rav d'Apta prit la relève et accepta la charge de rabbin de cette communauté pendant douze autres années. A l'époque où Rabbi Baroukh était le rabbin officiel de Medziboz, il y avait un abatteur rituel très qualifié, qui était en même temps vérificateur. Il était responsable de tous les abatteurs locaux qui exerçaient dans le voisinage de Medziboz. Cet homme avait l'habitude de voyager de temps à autre dans les villages et procédait à la vérification des couteaux. On l'appelait l'abatteur rituel du Rabbi. Rabbi David Tsvi se rendit une fois à Medziboz. Les membres de la communauté souhaitèrent lui offrir un repas, mais ils décidèrent avant tout de lui demander : 'désirez-vous consommer de la viande provenant d'une bête abattue par le proche de Rabbi Baroukh, qui est très à cheval sur la cacherout '' Rabbi David Tsvi leur répondit : 'pas spécialement !' En d'autres termes, il n'était pas nécessaire de faire montre d'une plus grande sévérité en excluant la viande provenant d'autres abatteurs locaux. Par la suite, le grand responsable de l'abattage se déplaça dans les localités avoisinantes afin de procéder à une vérification coutumière. Il arriva dans un certain village, non loin de Medziboz. L'abatteur lui montra son couteau, mais le responsable fut étonné de voir qu'il comportait un défaut. Il lui demanda : 'ton couteau est-il valable '' Lui répondant par l'affirmative, il le réexamina et parvint à la conclusion qu'il était défectueux. Il lui demanda de bien vouloir lui laisser l'instrument.
Il se dit qu'il l'examinerait une nouvelle fois le lendemain matin, avec une plus grande clarté d'esprit. Le moment venu, il vérifia le couteau : rien à faire, il n'était pas valide !
Il convoqua l'abatteur rituel, lui rendit son instrument de travail, et le sollicita de bien vouloir contrôler l'état du couteau afin de déterminer sa validité.
L'homme s'exécuta et conclut qu'il était tout à fait valable. Le responsable de l'abattage le vérifia encore une fois.
Sa conclusion fut sans appel : le couteau présentait un réel défaut. Cette situation tourmenta le contrôleur, car il était indécis. Cet abatteur devait être obligatoirement licencié, ce qui le peina beaucoup, car une telle décision priverait un juif d'un travail, et de plus, lui ferait perdre toute crédibilité aux yeux des membres de la communauté.
Il ne savait que faire. Il partit s'enfermer dans une pièce et versa des larmes devant D., afin qu'Il lui indique la voie à suivre. Après sa prière, il décida de procéder à une ultime vérification. Il se rendit compte que le couteau était extrêmement tranchant. Il était très étonné de ce fait, d'autant qu'il avait gardé l'instrument pendant trois jours et l'avait contrôlé à plusieurs reprises, en concluant qu'il était défectueux. A présent, il ne présentait aucune irrégularité ! Il demanda à l'abatteur de lui fournir une explication. Celui-ci lui révéla :
'avant que tu ne pleures devant D., tu n'avais pas le mérite de remarquer que mon couteau était de grande qualité. Grâce aux larmes que tu as versées, D. t'a permis de voir ce que vaut vraiment mon instrument de travail'. Cet abatteur faisait partie des Tsadikim cachés. Quand, plus tard, le grand responsable rentra à Medziboz, auprès de Rabbi Baroukh, à qui il raconta cette étonnante histoire, le maître lui déclara que son incapacité à percevoir la qualité de ce couteau, dès le départ, tenait au fait qu'il s'était montré pointilleux vis à vis de Rabbi David Tsvi, qui avait souhaité consommer la viande provenant d'autres abatteurs locaux.
Source :
1-63
S'entretenant une fois des médecins et de leurs remèdes qui peuvent occasionner plus de mal que de bien, Rabénou affirma :
« le Saint Béni soit-Il est si grand, qu'il peut envoyer même la guérison par l'intermédiaire d'un médecin' ».
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-541
Rabbi Nathan avait coutume de se rendre une fois par an à Krimentchouk, pour y célébrer le Shabbat, après avoir passé le précédent à Tchérin. Rabbi Efraïm le fils de Rabbi Naftali, habitait Krimentchouk. Il ne se contentait pas de la visite de Rabbi Nathan dans sa propre ville le Shabbat suivant, mais il allait aussi rejoindre le maître à Tchérin.
Quand Rabbi Nathan arriva une fois dans cette ville, alors que Rabbi Efraïm n'était pas encore venu, le disciple de Rabénou fit cette remarque : 'si Rabbi Efraïm avait été parmi nous, nous aurions eu un Shabbat exceptionnel'.
Ce dernier atteignit la ville juste avant l'entrée de Shabbat. Rabbi Efraïm raconta plus tard la formidable dévotion qui l'anima en ce jour saint.
'Le vendredi soir, j'avais encore la force de supporter cet enthousiasme et cette ferveur qui régnaient en ces lieux, mais le samedi matin, je me mis à pleurer, de façon inexplicable, à tel point que la table où j'étais assis en devint toute humide'.