Peu de temps avant que le Becht ne quitte ce monde, son serviteur et élève Rabbi Nahman Horodenker en eut l'intuition. Tout en poussant de bruyants gémissements, il se mit à verser d'abondantes larmes. Le Becht se tourna vers ceux qui se tenaient près de lui, et leur demanda : 'pourquoi pleure-t-il, et pousse-t-il des cris ''
C'est déjà trop tard. Même s'il existe un certain moyen d'hâter le rétablissement d'une personne grâce à la prière, Rabbi Nahman n'en a pas connaissance'.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-126
A l'époque où Rabénou résidait dans la maison de Nahman Nathan, on lui raconta une anecdote le concernant.
Cet homme devait entreprendre un voyage pour affaires.
Avant son départ, il se vanta d'être à même de ramener à son retour une si grande richesse qu'il pourrait faire un pont tout en pièces d'or, depuis sa demeure jusqu'à la rue' grâce à son éclatante réussite.
Alors que Rabbi Tovia venait de se présenter devant Rabénou, ce dernier prit la parole et affirma : « deux choses ne peuvent cohabiter : l'homme et la richesse. Soit on retire la richesse à l'homme, soit on retire l'homme à la richesse' » ainsi qu'il est mentionné dans Sihot haRan, §51.
Rabénou poursuivit en demandant à Rabbi Tovia : « dis-moi quelle est la meilleure des situations : est-ce lorsque l'homme perd sa fortune, ou bien est-ce quand on lui retire la vie, et qu'il abandonne de ce fait tous ses biens ' »
Rabbi Tovia lui répondit : « il est évident qu'il vaut mieux pour l'homme perdre sa richesse, pourvu qu'il reste en vie ! »
Rabénou resta silencieux. Rabbi Tovia s'en retourna chez lui, et rencontra en route des compagnons qui habitaient la même ville que lui.
Il leur demanda s'ils avaient de bonnes nouvelles à lui donner, mais à son grand étonnement, ils n'ouvrirent pas la bouche. « Pourquoi ne me répondez vous pas ' » s'enquit Rabbi Tovia. Ils finirent par lui apprendre que sa maison avait été la proie des flammes, et que tous ses biens étaient partis en fumée' C'est la raison pour laquelle ils avaient préféré se taire quand il les avait questionnés.
A l'annonce de cette nouvelle, Rabbi Tovia saisit immédiatement :
« j'ai moi-même dit à Rabénou qu'il valait mieux pour l'homme perdre sa richesse' »
Par la suite, des hommes arrivèrent à Ouman et racontèrent qu'ils avaient rencontré Nahman Nathan au cours de son voyage de retour. Il était tombé gravement malade, ayant contracté la peste noire, une infection contagieuse et mortelle. Ses compagnons de route ne pouvant pas attendre son rétablissement, au risque d'être contaminés à leur tour, ils avaient décidé de l'enterrer sur place, alors qu'il vivait encore'
Pour limiter les risques de contamination, ils avaient utilisé de longues perches pour le pousser jusque dans la fosse.
La seconde partie de l'enseignement de Rabénou s'accomplit sur Nahman Nathan : « on retire l'homme à la richesse ».
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-300
Rabbi Leib de Strettin, le gendre de Rabbi Youdel, quitta ce monde, alors qu'il voyageait à bord d'un bateau en direction de la Terre sainte. Dès que les matelots aperçurent une côte, au cours de la traversée, ils placèrent sa dépouille sur une planche et la déposèrent sur les flots. Puis ils reprirent leur route. Tout à coup, les habitants de la ville côtière distinguèrent la silhouette d'un homme qui surnageait. Une colonne de feu s'étendait au-dessus de lui. Ils comprirent qu'ils avaient affaire à un saint homme. En outre, quelqu'un leur avait déjà annoncé tout ceci. Un Tsadik vivait parmi eux. Avant de quitter ce monde, il leur avait enjoint de n'être enterré qu'à côté de celui qui serait aperçu avec une colonne de feu.
Maintenant que cette dernière avait été vue, les villageois purent exécuter pleinement les dernières volontés du défunt. Rabbi Leib de Strettin fut donc enterré près de ce Tsadik.