Il arriva une fois que Rabbi Nathan se retrouve à Brody pour le jeûne du 9 av.
Par respect pour lui, des personnes vulgaires qui avaient l'habitude de se lancer mutuellement des chardons, s'en abstinrent cette année-là. Sur un ton moqueur, ils déclarèrent à Rabbi Nathan : 'vous nous avez gâché notre jour de fête !'. Au moment où Rabbi Nathan acheva de prendre son repas, ils se partagèrent immédiatement les restes. Devant une telle conduite, le disciple de Rabénou s'écria : 'je suis content de m'être rendu dans cette ville, après avoir pris de l'âge. Car dans ma jeunesse, il m'eût été impossible d'en supporter davantage'.
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1-615
Le beau-père de Rabbi Nathan, 'le grand Rabbi David Tsvi' fit un jour cette confidence : 'on m'a proposé des érudits qui en savaient plus que Rabbi Nathan, mais si je l'ai choisi pour gendre, c'est parce qu'il a de bonnes épaules'. Rabbi Mikhel, le petit-fils de Rabbi Nathan, appliquait cette remarque au verset mentionné à propos d'Issachar, le fils du patriarche Yaakov
(Gen 49,15) : 'il a livré son épaule au joug', c'est à dire le joug de la Torah.
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1-616
Rabbi Nathan se mit une fois à étudier la leçon 67 qui figure dans la deuxième partie du Likouté Moharan. Cet enseignement traite de la grandeur du Tsadik, qui constitue la grâce et la beauté du monde entier, mais évoque aussi le fait qu'il soit voilé. Rabbi Nathan s'écria au cours de son étude :
'Dissimulation ! Quelle terrible dissimulation ! D. donne vie à tous les mondes, mais Il se cache tellement !
De même, le Tsadik est la parure, la grâce et la beauté du monde entier.
Si cette grâce de sainteté qu'il incarne devait se dévoiler pleinement, elle anéantirait le charme trompeur, ainsi que l'attrait pour la beauté vaine - mais il se cache lui-aussi !' Les mots prononcés par Rabbi Nathan ne quittaient pas la bouche de son fils Rabbi Avraham, et celle de son disciple Rabbi Nahman de Toulchin.