Les hérétiques de la ville d'Ouman, que Rabénou tentait de rapprocher du service divin, lui dirent un jour : « si le précédent Tsar était encore de ce monde, il vous aurait peut-être rencontré et voyant votre sagesse, il aurait fini par retirer sa propre couronne pour vous en parer ».
Ce Tsar était en effet un grand sage, ce qui n'est pas le cas de l'actuel.
Ces hérétiques étaient proches du pouvoir, à tel point qu'ils possédaient un sceptre en or, appartenant au Tsar lui-même, qui le leur avait offert afin de les honorer.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-33
On en vint une fois à parler devant Rabénou de Rabbi Avraham le fils du Maguid, que tous avaient surnommé " l`Ange ".
Rabbi Nahman répondit : " un homme est plus grand qu`un ange".
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-144
Rabbi Dov de Ladizin, qu'on appelait communément Rabbi Dov Haïless,
occupait la fonction de juge rabbinique dans la ville. Quand il apprit que Rabbi Nahman avait déménagé pour Breslev, il décida de le suivre, et dut abandonner son poste. Attaché fortement à Rabénou, il lui rendait visite chaque jour et lui révélait des explications originales sur la Torah, tirées de livres rares, car Rabbi Dov comptait parmi les grands érudits.
A chaque fois qu'il rapportait des enseignements inédits d'un auteur inspiré, Rabbi Nahman s'exclamait : « un tel a écrit cela sous l'inspiration divine ». Rabbi Dov déclara à Rabénou qu'il avait lu dans un certain livre une explication midrashique basée sur le verset :
« allons et tuons le' et nous verrons ce qu'il adviendra de ses rêves.
Reouven entendit et voulut le sauver de leurs mains ». Le Midrash commente : « si Reouven avait su qu'il serait un jour écrit dans la Torah
« Reouven entendit et voulu le sauver de leurs mains », il aurait pris Yossef sur ses épaules et l'aurait ramené à Yaakov son père ». Rabbi Dov avait lu que Reouven était le seul à avoir entendu la voix céleste qui disait : « et nous verrons ce qu'il adviendra de ses rêves ».
(car ces mots ont été prononcés de façon surnaturelle, comme le note le Midrash). C'est d'ailleurs pour cette raison que les deux phrases se juxtaposent dans le récit biblique : « nous verrons ce qu'il adviendra de lui. Reouven entendit et voulut le sauver de leurs mains ». Reouven a pensé que ses frères avaient eux aussi entendu la voix divine, mais quand il s'est rendu compte qu'ils n'en faisaient pas cas, il s'est résigné en abandonnant Yossef entre leurs mains. S'il avait donc su qu'il était le seul à avoir perçu la Voix, il aurait pris Yossef sur ses épaules, comme dit précédemment. Dans la Guemara (Taanit 21,a) est rapportée une histoire dans laquelle interviennent deux maîtres, Ilfa et Rabbi Yohanan.
De façon similaire, ce dernier a pensé que son compagnon avait aussi entendu l'appel céleste. Rabénou déclara en fin de compte que cette explication avait été dévoilée par un individu animé de l'inspiration divine.