Rabbi Nathan se mit une fois à effectuer une série de jeûnes les lundis et jeudis. Rabbi Naftali lui faisant remarquer que Rabénou n'avait pas encouragé ses disciples à s'engager dans de telles dévotions, Rabbi Nathan lui répondit que Rabénou appréciait beaucoup le livre de prières 'Hachamèn', dans lequel l'auteur recommande ce type de jeûnes.
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1-271
Rabénou raconta une parabole qui illustre le fait que l'on doit servir D. avec un dévouement entier, même si l'on court le risque d'être pris pour un insensé. Commentant le verset (Is.59,15) : 'celui qui se sépare du mal est insensé', nos sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué de la façon suivante : 'celui qui veut s'éloigner du mal est pris pour un fou'.
Il était une fois un roi qui avait fait un rêve. L'ensemble de la production agricole avait été touchée par une étrange maladie. Quiconque en consommait perdrait la raison, à D. ne plaise. Le souverain prit conseil auprès du premier ministre. Celui-ci lui déclara qu'ils n'avaient pas d'autre choix que celui d'ingérer cette nourriture empoisonnée. En effet, constituer des stocks de denrées saines pour le peuple entier n'était guère possible. En outre, s'ils parvenaient à mettre de côté des aliments non contaminés, pour leur usage personnel,
le souverain et son conseiller seraient pris pour des personnes ayant perdu la raison, car leur comportement jugé 'excentrique' par la plupart des gens trancherait avec celui des autres sujets.
Le second du roi conclut donc :
'consommons donc cette nourriture, mais veillons à signaler notre folie par une marque, afin que nous ayons au moins conscience que nous sommes fous !' Le monarque fut en total désaccord avec ce plan. Il rétorqua à son interlocuteur : 'si tous mes sujets sont frappés de folie, est-ce une raison pour que nous le devenions aussi ' Accomplir un acte aussi insensé en consommant une nourriture empoisonnée ' Il n'en est pas question ! Nous stockerons les denrées encore saines, et nous nous en alimenterons. Si nous paraissons fous aux yeux d'autrui, qu'est-ce que cela peut bien faire '
Devrions-nous nous intoxiquer, pour le seul motif de se fondre dans la masse '' Il en est de même pour le service divin. Si les gens se comportent mal et courent après les honneurs et l'argent, sans prendre conscience du temps qui passe, inutilement gaspillé, sommes-nous contraints de les imiter ' Bien au contraire. Entassons nos réserves de denrées saines constituées par notre étude de la Torah et nos prières, afin que nous ayons la force de résister, face à leurs comportements insensés.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-264
A l'époque où Rabbi Nathan se rapprocha de Rabénou, celui-ci l'envoya chez Rabbi Aharon, le rav de breslev, afin d'avoir des nouvelles de son 'Aharalé', comme il le surnommait affectueusement. Rabbi Nathan le trouva assis, les yeux embués de larmes, en pleine attachement à D. Quand le nouveau disciple retourna voir son maître, il lui décrivit la scène à laquelle il venait d'assister. Rabénou loua Rabbi Aharon, en lui appliquant le passage écrit à la gloire du grand-prêtre, le jour de Kipour : 'semblable à celui qui est assis discrètement, et espère contempler la Face divine, tel apparaissait le grand-prêtre'.
En d'autres termes, le grand-prêtre, au moment où il pénétrait dans le Saint des saints, pour y présenter l'encens, dont les effets dans les mondes supérieurs se font davantage sentir que les sacrifices, le jour le plus saint de l'année, présentait un visage comparable à celui de Rabbi Aharon, assis simplement, et aspirant de toute son âme au Maître du monde...