Rabbi Nahman de Toulchin se plaignit un jour devant Rabbi Nathan : il n'avait pas eu la chance de connaître Rabénou.
Son maître lui répondit : 'Et Yossef Paronik, connaît-il Rabénou ''
Cet individu gagnait sa vie, en faisant payer un droit de passage aux voyageurs qui devaient emprunter un pont, les menant de la ville de Rédid à un lieu proche de Breslev, sur l'autre berge. Yossef Paronik eut l'occasion de faire passer Rabénou, d'une rive à l'autre. Il se vantait beaucoup de ce fait. Rabbi Nathan voulait faire comprendre à son disciple que l'essentiel ne consiste pas à voir physiquement Rabénou, mais à le connaître à travers la mise en pratique de ses profonds conseils.
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1-133
Rabénou appela une fois Rabbi 'Ira Miass la veille de Rosh Hashana.
« Rends-toi chez Rabbi Haïkel ! Et apprends auprès de lui une certaine version de la prière, puis tu dirigeras demain la prière du matin ».
Le lendemain, il s'approcha de Rabénou et lui confia qu'il ne savait pas encore très bien ce texte. Le Tsadik lui dit : « prie malgré tout et dirige-toi vers le pupitre ! » Rabbi 'Ira s'exécuta, mais, ne sachant pas bien sa leçon, il se mit à pleurer durant toute la prière, car il n'avait pas eu suffisamment de temps pour bien la posséder. Puis, avant le moment des sonneries, Rabénou envoya Rabbi Nathan l'informer qu'il ferait aussi la prière additionnelle du jour de fête, car il s'était entre temps rendu au bain rituel, afin de s'immerger avant d'entendre les sonneries.
Rabbi 'Ira n'eut pas d'autre choix que celui de se rendre à nouveau devant le pupitre pour y prier, sans aucune préparation préalable.
Toute la prière se déroula dans de violents sanglots. Lorsque l'office prit fin, Rabénou lui fit une tape amicale sur l'épaule, en le réconfortant :
« tu as bien agi ! » Il le convia au kidoush, car il avait l'habitude d'appeler à ce moment la personne qui avait dirigé l'office de la matinée. Au cours du kidoush, Rabénou lui fit remarquer : « te voilà à faire un double kidoush ! » Rabbi 'Ira raconta lui-même cette anecdote à Rabbi Nahman de Toulchin.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-141
Rabbi Haïkel s'adressa une fois à Rabénou :
-Rabbi, j'aimerais vous poser une question, mais je crains de la poser.
-De quoi as-tu peur ' Répondit le maître.
-Je crains que vous me disiez : Haïkel, cesse de vivre, et alors je mourrai.
-Pose donc ta question ! Répliqua Rabbi Nahman, de plus en plus intéressé.
-Pourquoi attirez vous la controverse sur votre personne '
A Zlatipolia, vous êtes entré dans la ville pour y habiter, sans en demander la permission explicite, ce qui a provoqué la querelle.
A Breslev, vous avez été à l'origine du différend entre vous et le saint Rabbi Baroukh de Medziboz.
-Tu avais raison de prendre tes précautions, lui répondit Rabénou,
avant de poursuivre : « tu dois comprendre qu'il ne s'agit pas seulement de se déplacer d'une ville à l'autre mais de passer aussi d'un degré spirituel à l'autre, l'essentiel étant de finir la tâche qui m'incombe ».
En d'autres termes, ses déplacements faisaient partie intégrante de sa mission, même si cela pouvait occasionner des confrontations.