A l'époque où Rabbi Naftali se rapprocha de Rabénou, il possédait un commerce dans la ville de Némirov, qui lui assurait une certaine subsistance. Rabbi Naftali se mit un jour à raconter à Rabénou comment se déroulait son travail quotidien à la boutique, où il restait toute la journée. Rabbi Nahman lui dit avec étonnement :
« il te faut y rester toute la journée ' » Rabbi Naftali comprit que tel n'était pas le désir de Rabénou. Il décida de nommer quelqu'un d'autre à sa place, ce qui lui permit de ne se rendre à la boutique qu'un court moment, et ce quotidiennement, afin d'être informé de la bonne marche des affaires. Quant au reste du temps, il le consacrait au service divin.
Il alla rapporter à Rabénou sa nouvelle façon d'agir.
Après quelques instants, il lui dit : « dois-tu te rendre à la boutique chaque jour ' » Il voulait lui montrer par là qu'il était même dommage de perdre ce temps précieux. Rabbi Naftali décida donc d'abandonner cette pratique, ne limitant ses visites qu'aux seuls jours de foire et de marché.
A nouveau, il vint consulter Rabénou, qui lui demanda :
« pourquoi te sens-tu l'obligation d'y aller les jours de foire ' »
Rabbi Naftali espaça de plus en plus ses apparitions à la boutique, tant et si bien que Rabénou parvint à l'extraire complètement des affaires de ce monde, consacrant désormais tout son temps à la Torah et à la prière.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-269
Dans la ville d'Ostra, où habitait le Maharcha, les non-juifs opprimaient beaucoup les juifs. Quand les membres de la communauté devaient enterrer l'un des leurs, le chemin menant au cimetière passait devant leur église.
Au moment où le convoi funéraire arrivait à hauteur du bâtiment, les non-juifs sortaient de leur lieu de culte et caillassaient les juifs. Il arriva à plusieurs reprises que les porteurs abandonnent le corps, au grand déshonneur du défunt, devant la pluie de projectiles dont ils étaient assaillis.
Avant sa mort, le Maharcha ordonna à plusieurs hommes robustes d'effectuer la chose suivante. Avant d'emprunter la voie qui longe l'église, ils poseront sur son cercueil un exemplaire de son livre de commentaires sur le Talmud.
Les porteurs devront s'armer de vigueur, et resteront immobiles.
Après que le Tsadik ait quitté ce monde, le convoi mortuaire emprunta le chemin habituel. A hauteur de l'église, les membres de la communauté juive commencèrent à essuyer des jets de pierre de la part de non-juifs qui les poursuivirent avec acharnement, d'autant qu'il s'agissait de l'enterrement de leur rav. Les porteurs du cercueil ne bronchèrent pas et ne quittèrent nullement les lieux.
Soudain, le Maharcha se redressa, et se mit à feuilleter quelques pages de son ouvrage. Devant ce spectacle, les non-juifs s'enfuirent, terrorisés, et se réfugièrent dans leur lieu de culte.
Au fur et à mesure que le Maharcha tournait les pages, l'église, avec tous ses occupants, se mit à s'enfoncer lentement dans la terre, jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement.
Quand le bâtiment fut hors de vue, le Tsadik s'étendit à nouveau dans le cercueil. L'église ne laissa aucune trace visible, en surface. Par la suite, les non-juifs établirent une barrière, tout autour du site, en défendant à quiconque d'emprunter ce chemin.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-596
Rabbi Nathan vendit les tables de fontes d'impression qui avaient servi à imprimer le Likouté Moharan. L'imprimeur lui remit en échange différents ouvrages comme des responsa, etc. Rabbi Nathan prit les livres et les mit en vente, dans la synagogue principale d'Ouman, avec d'autres ouvrages de Rabénou. Au moment de les vendre, il se mit à parler du service de D. aux personnes qui se trouvaient là, sans prêter attention au fait qu'elles pouvaient ne pas du tout partager ses vues. En effet, certains se moquèrent de lui, et le ridiculisèrent, en l'imitant par leurs mouvements,
quand il eut le dos tourné. Parmi eux se trouvait Rabbi Ozer, qui avait été durant un temps son élève distingué.
Ce homme s'était rapproché de Rabbi Nathan, de la façon suivante.
Un jour, Rabbi Ozer tendit l'oreille pour écouter les paroles de son futur maître. Il fut pris alors d'une telle ardeur, qu'il tomba aux pieds de Rabbi Nathan, à qui il demanda : 'en signe de repentance, que doit faire une personne qui a prononcé des paroles inconvenantes à l'égard d'un talmid hakham qui est mort (il songeait à Rabénou) '' Rabbi Nathan lui fournit pour toute réponse, la règle énoncée dans le Shoulhan Aroukh, section Yoré déa, à savoir qu'il faut prendre dix personnes, se rendre pieds nus sur la tombe du défunt et lui demander pardon. Rabbi Ozer s'exécuta. Il s'attacha par la suite de toutes ses forces à Rabbi Nathan, et devint l'un de ses plus grands disciples, comme on le sait. C'est ainsi que de nouvelles personnes se rapprochèrent de la voie tracée par Rabbi Nahman.