Rabbi Nathan avait l'habitude de se rendre à Medvedevka une fois par an.
Cette ville étant proche de Tchérin, il souhaitait également y aller. Rabénou avait d'ailleurs habité Medvedevka dans sa jeunesse. Après un arrêt dans cette ville, Rabbi Nathan poursuivait son périple en passant le Shabbat à Tchérin, chez Rabbi Yaakov Yossef, le beau-père de la fille de Rabénou, Rabbi Zalman le rav de Medvedevka. Rabbi Nathan étant de passage dans la ville de rav Zalman, celui-ci en profitait pour le suivre à Tchérin, tant il lui était attaché.
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Les hassidé breslev avaient volontairement laissé un périmètre vide, tout autour de la tombe de Rabbi Nathan, afin de bénéficier d'un espace plus large pour s'y recueillir. Cependant, on enterra dans cet espace Rabbi David Tsvi, le fils de Rabbi Chakhneh, lui-même fils de Rabbi Nathan. Il était le père de Rabbi Nahman de Némirov. En 1813, un rav de Breslev décéda. Il faisait partie des opposants à la hassidout breslev. Toutefois, les habitants de la ville souhaitant l'inhumer près d'une personnalité d'envergure, ils optèrent pour un emplacement, à proximité immédiate de la tombe de Rabbi Nathan, dans cet espace vide en question. Alors que le convoi mortuaire se dirigeait vers le cimetière, un hassid breslev qui habitait la ville, Rabbi Naftali, protesta vigoureusement contre une telle décision. Il s'étendit de tout son long à l'intérieur de la tombe fraîchement creusée, et apostropha l'assistance : 'si votre intention est d'enterrer ce rav à cet emplacement, mettez-le sur moi !' Les gens n'eurent pas le courage de lui répondre, car il faisait montre d'une réelle détermination. Les membres de la hevra kadisha n'eurent d'autre choix que de trouver une autre place...
Entre temps, Rabbi David Tsvi décéda et fut inhumé près de son grand-père Rabbi Nathan.
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1-174
Rabbi Lipa se rapprocha de Rabénou en même temps que Rabbi Nathan.
Il y fut d'ailleurs pour beaucoup dans le rapprochement entre ce dernier et Rabénou. Il devait par la suite s'éloigner du maître.
Une fois, lors du troisième repas de Shabbat, un commerçant entra et appela Rabbi Lipa à l'extérieur.
Les étoiles marquant la fin de Shabbat étaient déjà visibles dehors.
Cet homme entama une conversation avec lui.
Cette interruption en plein milieu du repas, et qui plus est, alors que le Tsadik n'avait fini de dispenser sa leçon, constituait un grand affront. Rabénou mentionna un enseignement figurant dans le Tikouné Zohar, et rapporté dans la leçon 23 :
«elle [une force malfaisante] les séduit sous la forme de l'argent dans ce monde, rit avec ceux qu'elle prend dans ses filets, puis les tue'! » Cette parole s'accomplit pour le petit fils de Rabbi Lipa, Rabbi Moshé Welwel.
Alors qu'il voyageait une fois en compagnie de son cocher non juif, qui était à son service depuis des années, ce dernier sortit hors du chemin, pénétra dans une forêt dense et se jeta sur Rabbi Moshé, pour le tuer.
Celui-ci lui demanda une dernière faveur : celle de faire la prière de l'après midi, avant de quitter ce monde' Le non juif consentit à sa demande, et Rabbi Moshé se mit à prier en versant d'abondantes larmes, le c'ur brisé. Après avoir terminé, le cocher regretta d'avoir exprimé ouvertement ses intentions et lui demanda pardon. Quand ils retournèrent à la maison, Rabbi Welwel lui déclara : « je te suis reconnaissant d'avoir épargné ma vie, cependant, je ne te veux plus à mon service ! » Il le congédia. Par la suite, le cocher se vengea et finit par tuer Rabbi Moshé.
Ce qu'avait annoncé Rabbi Nahman se réalisa : « et à la fin, elle les tue' »